Victime de Darwin 5/…

Ruedeparisdarwin5J’ai bossé le reste de la journée sur le devis MONROE, et puis je suis rentré chez moi non sans passer par le petit monoprix de la rue Biscarra, j’avais une irrésistible envie de Sushis. Bien sûr il n’y en avait plus et je me suis rabattu sur une espèce de tarama avec des blinis et une petite bouteille de blanc, un côte de Provence afin de boire local et puis de toute façon ils n’avaient rien d’autres.
J’habite à 50 minutes en voiture de mon bureau, Rue de Paris, à Nice, petit bourg de province perclus de vieilles rombières et de jeunes désoeuvrés, car oui nous avons aussi nos quartiers Nord à Nice bien qu’ils soient à l’Est.
J’ai la chance d’avoir un bel appartement hérité de mes parents, 120 m2 en plein cœur de la ville ce qui pour un futur ex homme marié s’annonce des plus prometteurs pour ses futures sorties nocturnes. J’ai la chance incroyable d’y posséder même un petit garage en sous sol à moins de 100 mètres de l’entrée de mon immeuble.
Un bel appartement, de quoi y garer son véhicule en revenant du boulot, aux yeux de biens de mes contemporains j’ai tout pour être heureux, et pourtant …
J’arrive donc vers 20h08, bonne moyenne pour être parti de Sophia Antipolis à 19h00, un peu tôt pour ma hiérarchie je l’avoue, mais je m’offre mes petits moments de rebellions de temps en temps.
Les soirées se ressemblent beaucoup depuis quelques temps. Je rentre, passe au Monoprix de Biscarra ou au Carrefour City de la rue Lepante. L’avantage du carrefour c’est qu’il ferme à 22h00, une heure plus tard que le Monoprix. L’inconvénient c’est qu’ils n’ont pas de Sushis et pas non plus la bonne marque de Blinis.
Je rentre donc, m’installe devant le 20h de la 2, le moins pire vu qu’à l’heure à laquelle je rentre le journal d’Arte est fini. Je déguste devant la télé mes nouvelles emplettes avachi sur mon canapé hors d’âge. Le tarama est tout simplement dégueulasse, le blanc aussi, mais, bizarrement les deux ensembles passent plutôt pas mal, à moins que ça ne soit le petit 51 que je me suis enfilé avant qui fasse tout passer plus simplement. Je bois trop, je le sais, et bizarrement je m’en contre fou.
On est jeudi, je vais surement m’endormir devant un reportage sur « l’école et la radicalisation » ou « Faut-il élire Donald Trump » ou bien me prendre par la main et sortir en ville dans un quelconque bar branché, y boire quelques Jack Daniels et écouter le chanteur braillard d’un petit groupe Pop/Rock régional qui se voit déjà remplir le Zenith de Paris devant 20000 pucelles fébriles et mouillées.
Donc je reste à la maison et m’endors sur le canapé. Vers 4 heures du matin cette connerie de box Canal + se réinitialise, se faisant le niveau sonore augment et je me réveille en sursaut. J’ai mal au dos, me traine non sans mal jusqu’à ma chambre et m’affale piteusement sur mon lit encore défait du matin.
Vendredi, le réveil sonne, il est 6h30. Dernier jour de la semaine. Ce fameux dernier jour de merde.
– Salut ça va ?
– Bah Ouais ça va trop bien, on est vendredi et ce soir ..
– … c’est le week-end, je sais gros con !!
Quand est-ce que j’aurais l’aplomb et le je-m’en-foutisme ordinaire pour répondre ça à tous mes abrutis de collègues ?
Je me réveille toujours à 6h30 depuis que Carine est partie.
Carine, cette douce et belle jeune femme qui partagea un temps m’a vie avant de décider que je n’étais plus assez drôle. Etonnant, moi qui respire la joie de vivre à pleins poumons et sait tellement bien la transmettre aux autres.
Carine travaille dans une petite agence d’évènementiels sur la Côte qui s’appelle, je vous le donne en mille, « CA Events » pour Côte d’Azur Events. Rien que le nom ne donne pas envie de les contacter. Comment peut-on se prévaloir d’une quelconque imagination pour les projets d’autrui quand on est incapable d’en avoir pour le sien. En attendant, cette petite start-up comme elle aime bien l’appeler marche plutôt pas mal et Carine en est très fière, forcément.
Il faut dire qu’il y a quand même beaucoup de gogos suffisamment friqués pour faire appel à des personnes dont la seule et unique plus value et de pouvoir vous faire croire n’importe quelle connerie et notamment que « DJ Hook » saura enflammer votre soirée de mariage sans tomber dans graveuleux si cher aux beaufs moyens. Oh non ! La jarretière et le petit bonhomme en mousse très peu pour nous ! Nous on fait dans le chic, le Hype de dancefloor, en résumé on vous fait écouter de la merde électronique mais qui passe sur Fun radio.
Nous avions donc l’habitude de nous lever à 6h30. Probablement parce que nous devions être deux à nous préparer avant d’aller vaquer chacun à nos occupations. Je la déposais à la gare Thiers afin qu’elle puisse prendre son train pour Antibes et moi je filais vers l’autoroute pour Sophia Antipolis, sorte de technopole faite d’entreprises High Tech, d’écoles et d’universités. La vitre de la voiture était baissée, les cheveux étaient au vent, et j’écoutais « Hello » d’Adèle en m ‘égosillant. L’amour rend tellement con, j’aurais pu être producteur chez AB productions, c’était ma vie « Le miel et les abeilles ».

Vendredi, le réveil sonne, il est 6h30 … et merde une semaine se finit.

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