Victime de Darwin 7/…

negrescoAprès une journée des plus classiques je suis rentré chez moi un peu plus tôt que prévu. Il y avait un concert de la talentueuse Louane au Palais Nikaïa et on avait prévu des bouchons sur l’autoroute. Tous mes collègues habitant vers Nice avaient donc décidé de commencer le week-end un peu plus tôt et je n’étais pas du genre à déroger à cet élan collectif. La fameuse Louane devait ne pas l’être tant que ça car je n’ai rencontré aucun problème de circulation à l’approche de Nice. Peut-être encore une gloire éphémère comme on en produit à la pelle de nos jours.
En rentrant chez moi, j’avais un message de Carine sur mon répondeur. Je fais encore parti des rares humains de 2016 qui n’ont pas de téléphone portable personnel. Je n’ai qu’un mobile pro et très peu de personnes en dehors de mes connaissances professionnelles ont mon numéro. En écrivant cette phrase je réalise qu’au final je ne connais que très peu de personnes en dehors de mon boulot.

Naturellement Carine a mon numéro mais elle préfère me laisser des messages sur mon téléphone fixe afin de ne pas avoir à me parler. C’est une technique qui fonctionne bien. Je ne lui ai pas parlé « réellement » depuis plus de 4 mois. 4 mois et 22 jours pour être exact.
Son message est très quelconque, elle aimerait que je lui laisse la clef de l’appartement dans la boite aux lettres pour venir chercher une sculpture qu’elle a hérité de son père et qui traine sur le meuble de l’entrée. Tant mieux ça me débarrassera. La seconde technique pour ne pas se voir consiste à lui avoir laissé une clef de la boîte aux lettres. Elle s’en sert pour me laisser des choses ou en prendre, papiers, lettres, souvenirs et sculpture paternel.

J’ai écouté son message assis mollement sur le canapé du salon, les coudes sur les cuisses, la tête entres les mains, les yeux rivés sur le parquet. J’aime sa voix, j’ai toujours aimé sa voix, elle est à la fois douce et claire. Même dans nos derniers moments ensembles quand elle avait tendance à hausser le ton, j’appréciais la couleur de sa voix, elle me berçait. C’est peut-être aussi pour cela que ne n’osais lui répondre.
– Vous n’avez plus de nouveau message …
Je me suis laissé tomber sur le canapé, celui-là même qu’elle voulait jeter. J’étais seul, nous étions un vendredi, il était 18h25 et j’ai pleuré jusqu’au sommeil.

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