Eloge du silence et de la solitude

Après avoir vécu le vent, le soleil, les nuages, et les petites pointes discrètes d’adrénaline venant heurter le cœur, je viens de me poser sur la terre. Je viens de la toucher au sens propre, j’ai joué à l’oiseau pendant près de 2 heures et Newton m’a gentiment rappelé qu’il faut, passé un temps, redescendre sur le plancher des Hommes.
Il y a toujours un petit moment de flottement quand la gravité me rappelle, une sorte d’état entre 2 eaux ou l’esprit doit réaliser qu’il vient de changer d’environnement, où le corps doit réapprendre à marcher, où le regard cherche la proximité après avoir lu l’immensité.
J’avais ce sentiment aussi quand, fut un temps, il fallait regagner le rivage après avoir vécu un moment dans le grand bleu. Je n’avais jamais vraiment bien réalisé ce qui me fascinait tant dans la plongée comme dans le vol.
Je crois désormais que je sais. C’est ce sentiment de solitude et de silence, cette émotion née de se retrouver seul avec sa vie, seul sous son aile, seul avec le vent, seul avec soi-même.
Prendre conscience que son existence est là, entre ses mains, que nul autre n’en est maître et que personne ne peut décider à sa place.
La solitude, le calme, le silence … ces 3 états qui me deviennent vital.
Une fois sur le sol, j’avais envie de cette solitude, encore, j’avais envie de poursuivre ce voyage.
Le meilleur moyen de se convertir au calme monastique, au silence absolu, et à la solitude est de s’y contraindre.
Je me suis alors rendu au bord du lac de Castillon, non loin de l’endroit où je m’adonnais à mes glissades aériennes.
J’ai choisi un endroit sans Homme, sans bruit, un endroit où je pourrais sans trop d’imagination me croire seul au monde.
Je me suis assis au bord du rivage, suffisamment près pour pouvoir être bercé par le clapotis de l’eau.
Le but était simple : ne rien faire, laisser infuser les heures, offrir au paysage de décliner ses nuances de couleurs, de sons, de parfums, laisser le vent chatouiller la peau, capturer le moindre son. S’offrir au monde, l’absorber tout entier et puis attendre, respirer, ne plus réfléchir, et soudain … saisir une pensée, une émotion, la laisser vivre, se construire petit à petit, envahir l’être tout entier, laisser le corps l’appréhender, la traduire, puis, si l’émotion est intense, sentir cette goutte d’eau salé venir dévaler la joue … ensuite sourire et se sentir vivre …
La solitude et le silence servent à cela : inviter la beauté à entrer en soi pour laisser l’émotion en sortir …

Categories: Humeurs

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